Homélie du 18è Dimanche du temps ordinaire – Père Bernard SCHER

18ème DIMANCHE DU TERMPS ORDINAIRE

4/08/2019 « C »

Pas toujours, mais souvent, le partage de l’héritage dans les familles se solde par des dissensions et des histoires ente héritiers. C’était déjà le cas du temps de Jésus ; nous l’avons entendu dans l’Évangile : cet homme vient vers Lui, pour lui demander: « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage ! »

Jésus refuse d’être juge dans ce conflit familial, mais c’est, pour lui, l’occasion de nous inviter à réfléchir sur le sens et la place que nous donnons à ce que nous possédons. Il ne fustige pas les biens matériels en tant que tels, il ne jette jamais l’anathème contre les riches ; lui aussi, qui n’était certainement pas riche, a besoin d’argent pour vivre : dans la parabole des talents, les deux serviteurs qui ont fait fructifier l’argent de leur maître sont loués.

Jésus nous invite à mettre les biens matériels à leur place : « la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède, »dit-il. C’est la phrase-clé de cet Evangile. Il dénonce le culte que l’on voue à la richesse. Aujourd’hui il dénoncerait certainement la richesse d’un petit nombre qui s’enrichit de plus en plus, alors qu’il y a de plus en plus de pauvres et même de très pauvres. Il y en a qui sont tellement riches qu’ils ne savent même plus quoi faire de leurs richesses et pour lesquels tous les moyens sont bons pour s’enrichir de plus en plus, comme ce fut le cas pour cet homme riche de l’Evangile.

Ce n’est pourtant pas le compte en banque bien fourni qui mène vers l’éternité ; on le dit souvent : ‘on n’a jamais vu un coffre-fort suivre un corbillard’ !. Pourquoi se donner tant de soucis, de peines et de fatigues pour ce qui est vanité ? se demandait déjà le sage dans la 1ère lecture d’aujourd’hui.

L’homme n’a pas de valeur par CE QU’IL A, mais par CE QU’IL EST.

Bâtir sa vie que sur la richesse, c’est construire un monde du ‘chacun-pour-soi’ dans lequel nous risquons d’oublier les autres. C’est vrai : il y a aussi des gens très riches qui partagent avec les plus pauvres et qui ne se font pas connaître ; mais courir après les biens matériel, c’est toujours un danger.

Jésus nous demande, « non pas d’amasser pour nous-mêmes, mais d’être riches en vue de Dieu. », c’est s’en remettre avec confiance à notre Père du ciel et nous mettre au service de nos frères les hommes, surtout de ceux et celles qui ont le plus besoin de nous. Il y en a tellement qui sont pauvres d’argent, mais surtout aussi pauvres parce que rejetés, méprisés, pauvres d’amour et de respect, pauvres parce qu’on ne les accueille pas. Notre vraie valeur c’est l’Amour que nous vivons pour Dieu et pour nos frères et sœurs. St Paul nous le dit, dans sa lettre aux Colossiens : »Pensez aux réalités d’en haut et non à celles de la terre ! » C’est là que réside notre vraie richesse !

Frères et sœurs, notre vraie richesse est surtout le Seigneur que nous recevons dans cette Eucharistie : sa Parole et son Corps qu’il nous donne pour que nous le fassions connaitre et aimer autour de nous AMEN.