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Homélies



Dimanche des Rameaux – Homélie du Père Gérard ZAVADSKI, aumônier du MCR/VIE MONTANTE

Homélie du 05 avril 2020

DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSIION

Chers amis,

Voilà que nous allons fêter le dimanche des Rameaux et de la Passion du Christ, en pleine évolution du coronavirus, avec cette semaine, apparemment, une stabilisation des entrées en réanimation. Nous allons célébrer cette fête liturgique sans rameaux et avec parfois les reproches de nos proches qui disent : « Mais où est-il ton Dieu ? Pourquoi célébrer son entrée triomphale à Jérusalem alors que nous le trouvons absent chez nous ? »

Et nous pourrions rajouter la seconde partie du message de ce dimanche, la Passion, la mort de Jésus, qu’on peut voir « impuissant » entre les mains des hommes, le Sauveur prisonnier de la Croix.

Nous pouvons comprendre les interrogations de nos contemporains si nous ne voyons, comme eux, que la situation présente, immédiate de nos vies. Nous pouvons douter de notre Dieu si notre espérance ne s’appuie que sur l’immédiateté de la situation. Alors, nous sommes comme les Apôtres qui étaient désespérés au moment de la mort de Jésus et qui n’ont cru à ses paroles qu’au moment où Il s’est montré vivant, ressuscité à leurs yeux. Et pourtant ses amis l’avaient fréquenté pendant trois années ! Ils ont vu comment il guérissait, relevé, réintégré tous les rejetés de son époque… « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! »

Les rameaux de cette année que nous n’aurons pas, ces rameaux que nous élèverons pour saluer, honorer le Christ Jésus, ce seront nos mains que nous offrirons au Seigneur en lui disant « Hosanna, hosanna, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »

Oui, nous acclamerons notre Roi, Celui en qui nous mettons notre confiance, Celui qui nous sauve de la mort, Celui qui nous entraîne dans les bras du Père !

Cette semaine sainte s’ouvre donc par cette entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Et Jésus, pour une fois, accepte d’être fêté. La foule lui fait honneur, les malades accourent, les disciples sont aux anges et leur joie est communicative. De partout, on loue, on acclame Dieu, reconnaissant en Jésus son Envoyé et le fils de David promu roi.

Et pourtant, c’est la même foule qui, dans quelques jours, va laisser tomber Jésus. Le Christ l’avait annoncé plusieurs fois à ses disciples. Il n’est pas monté à Jérusalem pour ce triomphe mais pour réaliser son œuvre de rédemption par la croix.

C’est en effet la croix qui va nous révéler la véritable identité du Fils de Dieu. Sur le bois de la croix, Jésus n’est plus rien ? Ou plutôt si ! Il n’est plus qu’Amour !!!

La Croix nous révèle qu’il nous aime jusqu’au bout, qu’il nous fait le Don Total, absolu, définitif de lui-même.

Quelle est la raison profonde de la mort de Jésus ? Inutile de triturer les textes pour savoir s’il faut s’en prendre aux juifs ou aux romains. Le Christ est mort d’Amour.

S’il avait moins aimé, comme nous le faisons nous-mêmes, pour ne pas avoir d’histoires, il n’aurait pas mis sa vie en péril, il aurait flatté les prêtres, expliqué plus clairement à Pilate qu’il ne voulait pas prendre sa place. Oui, il avait trop aimé, il avait été trop bon.

Le Christ est mort d’Amour pour sauver l’homme de lui-même !

Le pape Benoît XVI a pu déclarer : « Je crois, et c’est vérifiable, que Dieu a fait irruption dans l’histoire d’une façon beaucoup plus douce que nous n’aurions aimé. Mais c’est ainsi qu’il répond à notre liberté. Et si nous souhaitons et approuvons que Dieu respecte notre liberté, nous devons respecter et aimer la douceur de ses mains. » Un peu plus loin, le pape dit très sincèrement : « C’est naturellement la question que moi aussi, comme vous je me pose : pourquoi Dieu reste-t-il aussi impuissant ? Pourquoi ne règne-t-il que de cette façon étrangement faible, et crucifié, comme quelqu’un qui a lui-même échoué ? Mais c’est manifestement ainsi qu’il veut régner, c’est la version divine du pouvoir. Et l’autre manière, qui consiste à forcer, imposer, user de violence, n’est manifestement pas celle de Dieu ». (J. Ratzinger (Benoit XVI) « Le sel de la terre » Ed. Flammarion. 1997, p. 213

La Croix nous révèle la miséricorde infinie du Père qui n’a pas hésité à nous donner son Fils. C’est cet Amour Sauveur qui définit Dieu. Ce qui demande, qu’à notre tour, nous vivions essentiellement d’amour pour Dieu et pour nos frères. « Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours » nous dit le prophète Isaïe dans la 1ère lecture.

C’est l’amour qui sauve, c’est la grande leçon de la Croix.

Nous qui sommes privés du rassemblement dominical dans nos paroisses, même si la télévision nous permet de vivre une communion spirituelle, nous vivons un jeûne eucharistique, nous ne pouvons participer au repas eucharistique. Prenons cela comme une chance car ce jeûne peut faire naître en nous une plus grande faim du Corps du Christ. Une fois les choses rentrées dans l’ordre, nous ne communierons sans doute plus comme avant. En attendant, découvrons de nouveaux chemins de vivre notre fidélité au Christ, le fait de lire les mêmes textes, de manger le même pain de la Parole, est une belle forme de communion spirituelle. Lorsque je prends des nouvelles des uns, des autres, lorsque j’encourage, j’aide, je suis en communion.

Avec la grâce de Dieu, notre carême qui s’achève, ce carême, un peu particulier, sera le nouveau départ d’une formidable aventure de foi où chaque fidèle communiera, en esprit et en vérité, au Christ et à ses frères en humanité.

La Semaine Sainte va culminer avec, bien sûr, la grande victoire sur la mort que constitue la Résurrection pascale ; on ne peut séparer la Croix de la Résurrection.

Nous vivrons donc cette fête des Rameaux dans l’Espérance, car Jésus nous a dit l’Amour du Père pour chacun de nous. Après la Croix, il y a la Résurrection. Voilà notre Espérance. Les Apôtres l’ont vue, ils y ont cru et l’ont transmise au monde.

Dans cette période de pandémie, où des pauvres manifestent en disant : » Laissez nous apporter du pain à nos enfants ! », dans cette période où des millions de personnes, africains, indiens, et tant d’autres… ne peuvent choisir qu’entre mourir de faim ou du virus, sans possibilités de se confiner, nous devons garder l’espérance d’un possible monde meilleur. L’après 1ère guerre mondiale a permis l’émancipation des femmes, elles qui ont assuré les travaux des champs, des usines, en l’absence des hommes partis au front. La 2e guerre mondiale a vu l’émergence de la sécurité sociale et des lois de protection sociale.

La Résurrection, plus forte que la mort, l’amour plus fort que la haine, la faiblesse aimante de Dieu plus forte que la puissance des rois de la terre, …. nous mettons notre confiance dans la Parole du Christ qui nous montre le chemin.

Pour finir sur une note d’humour, voilà une petite histoire vraie. C’est la réponse d’un prêtre à un ami qui ne se sentait pas assez digne de l’amour de Dieu et qui lui a répondu cela : « Contente-toi d’être l’âne qui a porté le Christ ! »

« Seigneur, en ce dimanche des Rameaux et de ta Passion, rappelle-nous que nous sommes aimés par Toi et que nous avons nous aussi à nous aimer. Que Ta Croix soit notre Force, pour avancer dans la vie en enfants de Lumière ». Amen

« Aux frontière de l’éternité et du temps se dresse le Christ ressuscité. Sa Résurrection donne sens à l’univers entier et à chacune de nos vies ».

Patriarche Athénagoras

Belle entrée dans cette Semaine Sainte

Prenez soin de vous et de vos proches

Abbé Gérard



Homélie du 5e dimanche de Carême – Père Bernard SCHER

5ème DIMANCHE DE C A R E M E

29/03/2020

Ces paroles du Seigneur Dieu au prophète Ezéchiel, combien nous voudrions qu’elles se réalisent pour nous aujourd’hui, en ces temps de confinements à cause du coronavirus !! Certainement qu’en ces temps difficiles, beaucoup, croyants et même non croyants, font des reproches à Dieu : « Pourquoi permets-tu cette catastrophe, ces milliers de morts innocentes ?…Si tu étais là !…. » Nous pouvons crier vers Dieu notre incompréhension, notre révolte, avec le psaume 129 : « Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière ! » Et nous espérons de tout cœur qu’il ne nous abandonnera pas ; si nous prions avec foi, il nous exaucera. Mais le prions-nous-le convenablement ? ?

Certains disent : « Si nous en sommes là, c’est parce que les gens ne croient plus, ne vont plus à l’église, ne prient plus….. » Je ne crois pas du tout que Dieu, notre Père nous punisse de cette façon-là. Je crois et je dirais plutôt les parole que Marthe adressait à Jésus : « Mais, je le sais : tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera ! » Demandons à Jésus qu’il nous exauce de cette façon-là.

Jésus est tout à fait humain : il aimait ses amis Lazare et ses sœurs ; devant la mort de son ami « Jésus, en voyant leur souffrance, fut bouleversé…et il se mit à pleurer… » Il ressent douloureusement la mort de son ami, mais à travers lui c’est la détresse, les souffrances de toute l’humanité qui le font souffrir aussi. Et il partage certainement nos inquiétudes avec nous, aujourd’hui. Nous pouvons nous poser la question : « Que sortira-t-il de positif de ce que nous vivons ? » Nous ne le savons pas mais je crois qu’il y aura du positif.

Par cet événement douloureux qu’il a vécu avec ses amis, Jésus a voulu raffermir la foi

.tout d’abord celle de ses disciples lorsqu’il leur disait : « Je me réjouis de n’avoir pas été là à cause de vous, pour que vous croyiez. »

.. Ensuite celle de Marthe et de Marie ; Marthe disait : « Oui, Seigneur, je le crois ; tu es le Christ, le Fils de Dieu »

..Et finalement la foi de beaucoup de juifs venus consoler les deux sœurs : « Ils avaient vu ce que Jésus avait fait et ils crurent en lui ! »

Par cette résurrection, Jésus nous adresse un message d’espérance ; en lui, c’est le Dieu des vivants qui se révèle au monde.

Comme s’adressa à Lazare, il nous demande à nous aussi, de sorti du tombeau de nos péchés, de nos égoïsmes, nos lâchetés et nos découragements ; enlevons toutes ces pierres qui nous séparent de Dieu et des autres. Le Seigneur nous demande d’être témoins de la vraie vie, de la liberté, de l’espérance.

Remplis de courage et d’espérance, parce que nous savons que nous ne sommes pas seul avançons, avec le Christ, sur nos routes quotidiennes vers sa RÉSURRECTION DE PÂQUES.

AMEN.



Suivez chaque jour la messe en direct célébrée par le Père AUZENET

Bonjour, vous pouvez suivre chaque matin à 9h, en direct, la messe célébrée par le Père Dominique AUZENET. Pour ce faire rendez-vous sur sa chaîne youtube « charismata »:

https://www.youtube.com/channel/UCWIgSam1ck_NPgM9P4tLpTg

A neuf heures précises en semaine et 11h le dimanche le Père AUZENET célèbrera la messe en direct. N’hésitez pas à faire partager à vos contacts afin d’être le plus nombreux possible à l’accompagner.



Coronavirus – Message de Jean-Louis Barthelmé

Chers amis internautes,

Nous voici donc toutes et tous confinés chez nous, à domicile ou là, où nous avons choisi de vivre ces jours et ces semaines de confinement. Ce cas de figure, sans précédent, (jusqu’à ce jour, le monde n’a jamais connu une situation semblable !), nous invite à vivre un temps de carême comme nous n’en connaîtrons peut-être plus jamais… Enfin, espérons !? Ou alors, un grand mal nous prépare à vivre une vraie résurrection, un réel passage des ténèbres à la lumière. Du confinement à une vie nouvelle, renouvelée et plus jamais comme avant, parce que nous aurons pris conscience de notre finitude, de notre fragilité et de nos manques de sérieux dans notre façon de consommer, de vivre comme si les matières premières étaient inépuisables sur cette terre… Nous le savons bien, depuis longtemps, nous sommes notre propre prédateur, destructeur, pollueur… Si « nous sommes en guerre contre un ennemi invisible », comme nous l’a rappelé notre Président de la République ces jours-ci, n’oublions pas que l’homme est un ennemi visible pour lui-même ! Et toutes celles et ceux qui ne respecterons pas les consignes demandées, attesterons malheureusement ce propos que je viens de formuler.

Cependant, l’heure ne doit pas être à la sinistrose, malgré la gravité de notre situation mondiale sans précédent. Pour nous chrétiens, l’Espérance ne doit jamais être un vain mot, mais une réalité du quotidien, dans notre manière d’être, face à l’adversité. Rappelons-nous, en ces heures sombres et difficiles, le courage, la témérité et la force de foi des martyres de tous les temps, eux qui ont su braver toutes sortes d’ennemis, de tragédies et relever le défi de garder la foi en toutes circonstances. Nous voici maintenant en situation concrète d’exprimer à notre tour, la foi qui nous habite vraiment. Osons l’Espérance par delà l’inquiétude et l’inconnu du lendemain. N’oublions pas non plus, nos aînés qui, plus récemment, ont vécu un confinement dans les caves et les souterrains, parce que l’ennemi était armé, jusqu’à larguer des bombes venues du ciel ! Les grandes guerres ont fait des millions de victimes à cause de la violence, de l’inconscience et de l’orgueil des hommes, incapables de construire une paix durable où il fait bon vivre. Et voici que, dans une période de paix relativement importante en Europe depuis quelques décennies, une « 3° guerre mondiale » s’abbat sur nous, sans que personne ne s’y attendait… ou, plutôt, qu’on espérait ne jamais arriver ! Mais, voilà, le destin en a décidé autrement… ou, alors, l’imprudence humaine, la volonté de détruire l’humanité, l’inconscience d’une recherche scientifique mal maitrisée, nouvelle forme de terrorisme… ? Peu importe, les hypothèses, les scénarios et les fake news ne manquent pas : n’en rajoutons pas davantage !

Notre devoir en tant que chrétiens, face à ces événements, c’est de garder allumer cette flamme de l’Espérance plus forte que la soufrance, la détresse et la mort. Ce temps du Carême qui nous prépare justement aux fêtes de Pâques, (même si cette année elle prennent une toute autre tournure) nous invite à « revenir de tout notre coeur » vers le Seigneur de la vie et de la guérison. Revenir de tout notre cœur vers le Seigneur signifie pour nous : arrêter de suivre des chemins qui ne mènent nulle part ; cesser de vivre comme si la planète n’était pas en danger, comme si l’être humain n’était pas menacé ; arrêter de vivre sur cette terre comme si nous y étions pour toujours, alors que nous ne sommes que de passage et que notre destinée est ailleurs ! Nous le savons tous, en tant que croyants : nous venons de Dieu et nous retournons à Lui. Ainsi donc, notre origine et notre destinée n’est qu’en Dieu seul et pas n’importe quel Dieu, mais le Dieu Créateur, Infiniment Bon, Tout Puissant d’Amour et qui ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il vive… Comment avons-nous pu nous éloigner autant d’un Dieu si Bon et si proche de nous ? Comment avons-nous pu ignorer les consignes de notre Créateur avant de mettre en œuvre celles que nous venons de recevoir par ceux qui nous gouvernent sur cette terre ? N’était-il pas important de vivre et de développer « une écologie intégrale » de l’Homme et de la Nature, depuis toujours ?

Espérons que ces jours, ces semaines et ces mois à venir nous aiderons à revenir de tout notre cœur, à l’essentiel, à Dieu, à la sauvegarde de la Création, de la planète, à plus de justice, de fraternité, de paix, de miséricorde et d’amour. En ces jours qui sont les nôtres, personne ne pourra prétendre (à part le personnel soignant et tous les travailleurs qui ne peuvent cesser l’activité professionnelle), qu’il n’a pas le temps de prier ou de penser à Dieu, à la vie du monde ! N’arrêtons jamais le mouvement de la prière quotidienne qui est aussi puissant que le respect des consignes pour combattre cette pandémie.

Puissions-nous, chers amis, nous inspirer de cette prière du Pape François, en l’adaptant à notre situation française et mondiale ; une prière composée par le Saint-Père dans laquelle il demande à la Vierge une protection particulière pour le peuple romain et pour tous ceux qui sont affectés ces jours-ci par la souffrance et la maladie causée par le virus.

Voici la prière du Pape François:

« Ô Marie, Tu brilles toujours sur notre chemin

comme un signe de salut et d’espoir.

Nous nous confions à toi, Santé des malades,

qui auprès de la Croix, a été associée à la douleur de Jésus,

en restant ferme dans la foi.

Toi, Salut du peuple romain, (de France et du Monde),

tu sais de quoi nous avons besoin

et nous sommes sûrs que tu y pourvoieras

pour que, comme à Cana de Galilée,

la joie et la fête reviennent

après cette épreuve.

Aide-nous, Mère de l’amour divin,

à nous conformer à la volonté du Père

et à faire ce que nous dira Jésus,

qui a pris sur lui nos souffrances

et s’est chargé de nos douleurs

pour nous conduire à travers la Croix,

à la joie de la résurrection. Amen.

Sous Ta protection, nous cherchons refuge, Sainte Mère de Dieu.

Ne méprise pas les suppliques de ceux d’entre nous qui sont dans l’épreuve,

et délivre-nous de tout danger, ô Vierge glorieuse et bénie. »

Jean-Louis Barthelmé



Homélie du 3e Dimanche de Carême – Père Bernard SCHER

3ème DIMANCHE DE C A R E M E

Nous avons peut-être fait des rencontres dans notre vie de relations qui ont changé quelque chose en nous, qui nous ont enrichi, bouleversé ou qui nous ont même transformé. Cela ne tient parfois qu’à peu de chose : une parole, un sourire, un service rendu, ou une conversation…

Ce fut le cas pour cette samaritaine que jésus rencontre près du puits de Jacob : pourtant, elle paraissait improbable, parce que les juifs évitaient de passer par la Samarie considéré comme pays hostile. La samaritaine ne devait pas venir puiser de l’eau à l’heure la plus chaude de la journée ; cela se faisait le matin ou le soir ; un juif ne parlait pas à une femme, surtout pas à une samaritaine.

Et pourtant leurs vies se sont croisées, celle de Jésus, du Fils de Dieu, qui est venu sauver ce qui était perdu, et celle d’une femme, en recherche d’une vie intérieure et d’un amour vrai. Et saint Jean nous fait assister à la conversion de cette femme :

Celui qui, au départ est pour elle un juif, un ennemi qui n’a pas à lui demander à boire, devient pour elle un prophète qui connait sa vie intime et elle reconnait en lui le « Messie «  attendu. Transformée complètement par cette rencontre elle devient apôtre auprès de ses compatriotes et elle les amène à la reconnaissance du Sauveur.

Jésus ; lui, est un homme fatigué qui se repose au bord du puits et qui a soif Dans sa rencontre avec la samaritaine il montre, une fois de plus, sa liberté : il ose s’adresser, en public, à une personne triplement méprisée par tout ‘bon’ juif : une femme à laquelle on ne s’adresse pas en public, une samaritaine rejetée par les juifs, une pécheresse qu’il faut éviter. Jésus nous montre par là qu’il est venu pour tout le monde, qu’il accueille les pécheresses et tous ceux qui sont rejetés.

En accueillant cette femme telle qu’elle est, sans lui poser de questions, sans lui faire aucun reproche, il réussit à cheminer avec elle dans un dialogue profond et il se révèle à elle, sans s’imposer : « Je suis le Messie, moi qui te parle »…et elle le croit.

Finalement, cette femme ne nous est pas tellement étrangère :

Nous avons, nous aussi, nos soucis personnels ou collectifs, nous connaissons nos rejets de l’étranger, de celui qui est différent de nous ; nous connaissons des échecs sur le plan relationnel ; nous nous posons souvent des questions sur la religion, sur la foi. Ce dialogue au bord du puits nous interroge sur notre connaissance réelle de Jésus-Christ.

Et comme chrétiens, de par notre Baptême, nous sommes envoyés dans « toutes les Samaries », là où les gens demandent de l’eau pour étancher leur soif d’amour, de justice, de paix. Comme jésus soyons attentifs et accueillants envers tous ceux et celles qui viennent vers nous ; par notre façon de vivre notre foi, annonçons, durant ce temps du Carême la présence aimante de Jésus parmi nous. Respectons ceux qui, différents de nous, se posent des questions ; ainsi, marchons ensemble, avec le Christ, vers LA RESURRECTON DE PAQUES

AMEN.



Homélie du 2e dimanche de Carême – Père Bernard SCHER

2ème DIMANCHE DE C A R E M E

8/03/2020

Dans notre vie moderne si bousculée par les événements, si encombrée par des activités diverses, les unes plus importantes que les autres, nous avons besoin de nous arrêter de temps en temps pour souffler, pour prendre du recul afin de voir les choses autrement et de pouvoir repartir d’un bon pied, car notre vie n’est pas toujours un »long fleuve tranquille »

Dans la 1ère lecture Abram est prêt à changer le cours de sa vie. A la parole de Dieu : « Va vers le pays que je te montrerai » il se met en route avec confiance.

Le CAREME est ce temps de remise en route continuelle

Pierre, jacques et Jean ont suivi Jésus, ils se sont laissé conduire par lui, sans savoir où il les emmenait : « Il les emmena à l’écart, sur une haute montagne ».

Nous avons certainement déjà changé de route plusieurs fois, peut-être parfois sans savoir où nous allions. Pour nous les chrétiens il n’y a pas de »pilotage automatique », pas de GPS. Notre feuille de route c’est de savoir que le Seigneur Jésus est toujours à nos côtés pour nous guider par sa Parole et par ses Sacrements. En le suivant, malgré les luttes, les tentations, les doutes..Malgré les difficultés et les inquiétudes…nous sommes sûrs d’être toujours sur le bon chemin.

Le chemin d’Abraham l’a conduit vers la Terre Promise ; celui des trois apôtres leur a fait voir Jésus transfiguré sur la montagne ; ils étaient en admiration devant leur ami qui leur montrait son visage divin. Est-ce qu’aujourd’hui nous savons encore admirer ce qu’il y a de beau dans notre vie, dans notre entourage, dans la nature… ? Ce n’est que si nous avons un regard de respect et d’amour pour les autres que nous saurons découvrir leurs qualités.

Pierre, Jacques et Jean se sentaient si bien sur la montagne qu’ils voulaient y rester ; mais Jésus les empêche de s’évader ; il les ramène dans la vallée, il les remet à l’action dans leur vie quotidienne, avec les autres apôtres

Nous voudrions peut-être aussi, de temps en temps, nous évader de notre vie remplie de difficultés ; mais notre vie de chrétiens nous renvoie continuellement vers les autres, et surtout vers » ceux qui sont à la périphérie », comme nous le demande le pape François. Nous devons être des travailleurs actifs dans l’Église, des semeurs d’espérance, des combattants pour la paix et la justice….Essayons de vivre avec Jésus, dont le Père nous dit : « Celui-ci est mon fils bien-aimé en qui je trouve ma joie ; écoutez-le ».

Même si notre monde « n’est pas toujours beau », même s’il est défiguré par tant de souffrances, d’injustices et de mépris pour certains, nous n’avons pas le droit de désespérer, car nous savons que le Christ TRANSFIGURÉ nous conduit vers l’Espérance. Après ses souffrances et sa mort sur la croix il est RESSUSCITÉ le jour de Pâques. Fêtons-le durant cette Eucharistie et vivons avec lui.

AMEN.



Premier dimanche de Carême – Homélie du Père Bernard SCHER

PREMIER DIMANCHE DE C A R E M E

1/03/2020

« La tentation ça nous connait ! »…et il nous arrive d’y succomber.

Jésus, le Fils de Dieu devenu vrai homme, l’a connu lui aussi, mais lui y a résisté. Il sera d’ailleurs tenté durant toute sa vie publique : par ses ennemis, les scribes et les pharisiens, qui étaient jaloux de lui et l’ont surveillé de près, et même par ses disciples, qui, comme tous les juifs, souhaitaient qu’il rétablisse le Royaume d’Israël en chassant les occupants romains. Lorsqu’il était sur la croix, un des deux malfaiteurs crucifié avec lui, et la foule, lui demandaient « Si tu es la Fils de Dieu, descend de la croix ». Il a montré qu’il était homme comme nous, hormis le péché, car il a résisté à toutes les tentations.

Durant ce temps de CAREME nous sommes invités à nous convertir, à résister aux tentations à la suite de Jésus, dont les tentations au désert sont encore les nôtres aujourd’hui :

+++ Changer les pierres en pains … cela nous renvoie à toutes ces publicités qui nous proposent un bonheur facile :’Si tu veux être heureux il faut avoir telle voiture, acheter tel produit…’ Pour notre société actuelle le bonheur c’est uniquement l’avoir,

pour lequel il faut de l’argent ! Les médias nous poussent à la consommation à outrance, créant des besoins inutiles, et souvent nous nous laissons prendre.

+++ Ensuite le démon transporte Jésus sur le sommet du temple : « Jette toi en bas, Dieu te protégera….Les gens seront en admiration. » Le temple est le lieu où l’on rencontre Dieu pour le louer, pour le prier et non pas pour qu’il y fasse des miracles spectaculaires

Nous sommes parfois tentés aussi d’utiliser Dieu et la religion pour notre intérêt, compter sur la bonté de Dieu pour assurer nos ambitions ; tentation de demander à Dieu n’importe quoi et de lui en vouloir s’il ne nous l’accorde pas.

+++ Sur la montagne, le démon dit à Jésus : « Je te donnerai tout cela si tu te prosternes devant moi pour m’adorer » En citant la Parole de Dieu, Jésus nous rappelle que c’est Dieu seul que nous devons adorer.

Nous connaissons bien cette tentation qui nous invite à adorer l’argent, le pouvoir ; beaucoup ont de moins en moins d’argent, lorsque d’autres jouent avec des millions. Certains utilisent leur pouvoir pour exploiter les plus faibles ; l’esclavage moderne existe encore aujourd’hui !

Jésus a repoussé la triple tentation par un triple « non » au démon, en s’appuyant sur l’Écriture pour un triple « oui » à Dieu son Père.

Frères et sœurs, durant les 40 jours de ce Carême efforçons-nous de voir à quelle tentation nous devons résister et demandons au Seigneur l’aide de son Esprit pour nous convertir.

Alors nous pourrons accueillir dans la vérité et dans la joie, le Christ RESSUSCITÉ à PÂQUES. AMEN.