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Homélies



Homélie du 15e dimanche du T. O. – 16/07/2017

Ceux qui cultivent la terre, qui ensemencent leur jardin, peuvent trouver ce semeur de l’Évangile maladroit et très négligent : on ne sème pas dans les ronces, ni sur le chemin pierreux, c’est du gaspillage ! Il y en avait certainement qui étaient scandalisés en entendant Jésus raconter cette histoire : un semeur sérieux ne travaille pas de cette façon-là ! Les apôtres, qui n’avaient pas compris grand-chose à cette parabole, demandent des explications à Jésus. On pourrait dire que lui a vécu cette expérience personnellement : qu’est-il resté de tous ses discours, ses belles paroles qu’il a semé autour de lui, à tous ceux qui voulaient bien l’entendre ? Mais sa parole est tombée dans des terres très différentes :

Certains, après la multiplication des pains, voulaient faire de lui leur roi, celui qui chasserait l’occupant romain et ils furent déçus de son départ.

D’autres, les scribes et pharisiens, inquiets de l’influence qu’il avait, ont cherché à le faire mourir et ils y ont réussi.

La foule, enthousiaste le jour des rameaux, demande, à grand cris, sa mort le vendredi après.

Même certains de ses disciples, qui ne sont plus d’accord avec lui, le quittent.

Et on pensait qu’après sa mort sur la croix on ne parlerait plus de ce gêneur, que tout serait terminé, que ses belles paroles seraient effacées à jamais ; pourtant, plus de 20 siècles après, on en parle encore et sa parole reste toujours vivante et continue de porter des fruits à travers le monde entier et à transformer le cœur des hommes.

Même si une partie de cette parole tombe sur le chemin, sur le sol pierreux, dans les ronces, tout n’est pas perdu ; celle qui tombe dans la bonne terre, dans le cœur des hommes de bonne volonté, lève pour produire des fruits d’amitié, d’accueil, de confiance, d’entraide, de respect. Cette parabole est une invitation à l’ESPÉRANCE.

Comment sommes-nous touchés par ces paroles de Jésus, valables pour nous encore aujourd’hui ? Nous connaissons des échecs : mésententes, chômage, inquiétudes devant l’avenir, violences de toutes sortes, baisse de la pratique religieuse et même persécutions dans certains pays. La foi semble engloutie par tout cela et nous risquons de nous décourager. N’oublions pas le grain qui ne cesse de tomber dans la bonne terre. L’Esprit continue à être actif dans le monde et dans le cœur de beaucoup de gens, chrétiens ou non. Il y a, dans le cœur De notre Père du ciel une incroyable Espérance : la mort de son Fils en croix n’était pas le fin de tout, mais la naissance d’un monde nouveau, tourné vers la vie.

Il ne calcule jamais à la dépense, il n’exclut personne de son amour, il donne sa chance à chacun, à chacune d’entre nous. Jésus, tout en nous rendant attentifs aux échecs et à leurs causes, nous invite à découvrir les bonnes terres, que nous ignorons parfois, que nous n’avons pas ensemencées nous-mêmes et dans lesquelles l’Esprit ne cesse de faire lever de bons fruits.

Est-ce que, comme chrétiens, nous semons la Bonne Nouvelle autour de nous ? Avec persévérance, confiance et amour ? Que la bonne terre de notre cœur soit prête à accueillir, avec joie, la Parole de Dieu, pour que puissions en faire profiter ceux qui nous côtoient.

AMEN.

Abbé Bernard SCHER



Homélie du 13e dimanche du T. O. – 02/07/2017

Dieu nous accueille ce matin pour cette Eucharistie où nous venons le prier, lui apporter notre vie de la semaine passée, nos joies et nos peines, notre vie de relations et d’accueil des autres et où nous venons aussi le prier et lui demander son aide. Et nous aussi nous l’accueillons dans sa Parole et dans son Corps, afin que d’autres puissent l’accueillir à travers notre témoignage

Les lectures de ce 13ème dimanche du temps ordinaire, nous parlent de l’accueil : dans la première lecture le prophète Élisée est accueilli par une femme riche de Sunam et par son mari ; et dans l’Évangile, Jésus nous dit : « Celui qui m’accueille, accueille celui qui m’a envoyé »

Dans notre vie de chrétien l’accueil est très important ; je pense que si on n’est pas accueillant, on ne peut pas être vraiment chrétiens, parce que Dieu est avant tout accueil, par son Fils Jésus.

L’accueil n’est pas toujours facile : il faut d’abord ‘voir’ l’autre. Combien de fois passons-nous à côté de l’autre sans le voir, en tournant parfois même la tête pour ne pas le voir, parce qu’il est étranger ou pour d’autres raisons. Nous ne savons pas toujours ‘écouter’ celui qui s’adresse à nous, et par le fait même nous ne l’accueillons pas. L’accueil est aussi une question de ‘respect’ et de considération au-delà des apparences qui sont parfois trompeuses. Nous n’accueillons pas toujours Dieu, non plus ; nous sommes indifférents, parce que nous pensons ne pas avoir besoin de lui, ou parce que nous avons peur qu’il soit trop exigent.

Et finalement l’accueil, comme la foi, est aussi une question de choix. Il n’engage pas seulement quelques gestes, mais il engage tout un comportement, toute une vie : « Celui qui aime son père, .plus que moi, n’est pas digne de moi » Parole dure à accepter ; mais par ces paroles il nous demande de l’aimer, lui, en priorité. Il ne nous demande pas de rejeter nos proches, ni personne, mais de les aimer à travers Lui. Il veut nous inciter à le suivre pas à pas, à prendre exemple sur lui et à vivre de ses paroles.

Nous savons bien que tout amour demande des priorités, des choix : nous aimons nos proches, familles ou amis plus que les autres, et c’est humain.

Et nous savons aussi que l’amour prioritaire du Christ et de son Évangile, ne va pas sans  douleur ni sacrifices : « Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas, n’est pas digne de moi » Nous ne pouvons pas aimer, même humainement, sans renoncement, sans oubli de soi, parfois sans préférer l’autre à soi-même, et cela demande parfois de gros sacrifices. Mais nous disons aussi : « Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir » et c’est vrai !

Tout accueil, tout amour vrai s’expriment par des signes, des gestes et des actes : notre amour prioritaire pour Dieu vérifiera son authenticité par l’amour des autres en des gestes bien concrets. Nous l’accueillons, nous le célébrons dans cette Eucharistie ; qu’il soit dans notre cœur et dans notre vie tous les jours.

AMEN.

Abbé Bernard SCHER



Homélie du 12e dimanche du Temps Ordinaire – 25/06/2017

« Ne craignez pas Ne craignez pas ceux qui tuent le corps… » dit Jésus à ses apôtres. Ces paroles il les a dites plusieurs fois ; c’est un peu un leitmotiv des Évangiles. Il dit au chef de synagogue dont la fille est malade : « Ne crains pas ; crois seulement ! » Et à un autre moment il redit à ses disciples : « Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? » La foi dont il parle et qu’il annonce c’est la confiance : tenir, ne pas capituler devant l’adversité, ne pas désespérer. Elle est la confiance radicale dans le fait que l’être humain, individuellement ou collectivement, a la capacité de résister au mal, en sachant que dans tout homme, quel qu’il soit, il y a  une étincelle de bien. Elle est de l’ordre d’un courage qui a toujours la volonté de réagir contre ce qui détruit l’homme, créature de Dieu. C’est dans cette parole confiante que les amis de Jésus puiseront leur courage pour lutter contre toutes les forces de mort, qui assaillent le Monde et même l’Église. Cette parole nous est destinée au début de ce 3ème millénaire, à nous qui connaissons des occasions d’inquiétudes : le manque de paix, de sécurité, de santé, l’avenir incertain pour beaucoup, l’indifférence religieuse et l’incroyance….

« Ne craignez pas… » Ces paroles s’adressent à nous aujourd’hui. Dieu protègent tous ceux et celles qui lui font confiance. Jésus nous a donné l’exemple ; Il ne s’est pas présenté à nous comme un ‘surhomme’ au dessus des souffrances et de la mort. Au moment de la passion il a éprouvé la tristesse, l’inquiétude et l’angoisse et des déceptions venant même de la part de ses amis. Il a même vécu des tentations (sans y succomber)

Mais il n’a jamais eu peur d’affronter les autorités religieuses qui n’étaient pas fidèles à leur mission et qui s’opposaient à sa bonté, à son accueil de tous et à sa miséricorde. Il n’avait pas peur de fréquenter ceux que l’on considérait comme des pécheurs publics : Zachée, la pécheresse adultère, la samaritaine et bien d’autres. Et, à cause de cela il a souvent été menacé de mort. Il a vécu courageusement toutes ces oppositions, non par bravade, mais par fidélité à sa mission ; et, en se déclarant « Messie », il savait que cette affirmation allait le conduire à la mort sur la croix.

Jérémie, le prophète, menacé de mort, abandonné même par ses amis, sait que le Seigneur ne l’abandonne pas. Dès lors, quand nous sommes affrontés à nos angoisses et à nos peurs, nous pouvons être sûrs que la présence aimante de Dieu nous aide à tenir courageusement.

Nous sommes entre les mains d’un Père qui nous aime profondément, pour qui nous avons du prix « bien plus qu’une multitude de moineaux. »

Dans notre monde, ceux qui jouissent de considération ce sont les puissants, les riches, les gens bien en vue. Notre Père, Lui, se soucie de chacun, mais il a une prédilection pour le petit et le plus faible, pour celui qui, souvent, est rejeté par les hommes : « Il délivre le malheureux et le pauvre », nous dit Jérémie.

Frères et sœurs, n’ayons pas peur de nous déclarer pour le Christ, dans notre vie quotidienne ; il a promis : « Celui qui se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. » Faisons-lui confiance.

AMEN.

Abbé Bernard SCHER



Homélie du dimanche 18 juin – Corps et Sang du Christ

Je pense que nous n’avons jamais connu personnellement quelqu’un qui est mort de faim. Nous qui sommes là ce matin nous sommes à l’abri de la faim et pourtant, dans nos sociétés occidentales, modernes et même tout près de chez nous, certaines familles ne mangent pas toujours à leur faim, ou bien s’alimentent très mal, faute de moyens. Les Associations Caritatives (le Secours Catholique et les autres) peuvent en témoigner régulièrement : il y a quelques années un enfant de l’ACE disait à la responsable : « Ils sont marrants de dire qu’il faut manger 5 fruits et légumes par jour. Nous on ne peut pas se les payer ! » et cela au 21ème siècle ! Et, à travers le monde, des millions d’êtres humains souffrent et meurent encore de faim.

A côté de cela il y a toutes ces autre faims qui avilissent l’être humain : ce sont les faims de liberté dans plusieurs pays, de paix, faims d’affection, de dignité, de reconnaissance en tant qu’hommes : ce sont tous ces réfugiés qui fuient leur pays pour venir assouvir ces faims chez nous. Et finalement il y a, plus qu’on ne le pense, la FAIM DE DIEU chez beaucoup de jeunes et de moins jeunes.

Nous vivons dans une société de consommation qui veut toujours plus. Alors que certains souffrent de la faim, d’autres font des cures d’amaigrissement et des régimes draconiens pour maigrir.

En cette fête du CORPS ET DU SANG DU CHRIST, que nous célébrons aujourd’hui, Jésus nous dit, comme il l’a dit aux juifs : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ». E t leur question est aussi la nôtre : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Et Jésus nous répond : «Celui qui me mange vivra par moi » Oui, frères et sœurs : en recevant le Corps du Christ régulièrement, nous devrions vivre de lui quotidiennement : être des hommes, des femmes qui soient ouverts à Dieu et aux autres, et ainsi nous reconnaître comme membres d’un Corps, d’une famille. Les actes d’accueil, de pardon, de bienveillance sont l’œuvre de Dieu au cœur de tout homme de bonne volonté. La vraie foi chrétienne ne s’arrête pas à une piété gestuelle, ni à des rites, si grandioses soient-ils ; elle est actes puisés dans la prière, dans l’Eucharistie, dans le Corps du Christ que nous recevons régulièrement ; construire des murs, rejeter le pauvre, l’étranger c’est me couper du Christ. Le Corps du Christ que nous célébrons aujourd’hui, nous pousse à prendre soin de l’autre, même et surtout du plus simple et du plus insignifiant.

En célébrant l’Eucharistie, en mangeant le Corps du Christ, nous sommes transformés en Lui et nous devenons ce corps les uns pour les autres.

Frères et sœurs, redisons, de tout notre cœur, notre foi en celui qui se donne à nous dans l’EUCHARISTIE Laissons-nous transformer par lui et portons-le à tous nos frères et sœurs que nous côtoyons chaque jour. Alors nous formerons une véritable communauté nourrie par la présence et l’Amour de Jésus Christ. Et nous serons fidèles à sa parole : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi… Il a la vie éternelle »

AMEN.

Abbé Bernard SCHER



Homélie du dimanche de la Trinité – 11/06/2017

Lorsque nous commençons notre prière nous faisons ce geste et nous disons ces paroles : « AU NOM DU PÈRE ET DU FILS ET DU SAINT ESPRIT. » En faisons la prière, nous nous engageons au nom de quelqu’un. C’est le signe de notre vie de chrétiens qui  nous invite à mettre cette vie sous la lumière de la Sainte TRINITÉ que nous fêtons en ce dimanche après la Pentecôte. Comment faisons-nous ce signe sur nous ? Parfois nous le faisons automatiquement, sans penser vraiment que nous nous adressons aux trois Personnes Divines. Nous engageons notre vie de foi qui doit être une vie ‘relationnelle’ comme celle de la Trinité ; elle doit nous ouvrir aux autres et à Dieu.

La Sainte Trinité restera toujours un mystère, c’est-à-dire une vérité que nous n’arriverons jamais à expliquer entièrement (même pas les plus grands théologiens n’y réussissent). L’image la plus parlante pour moi serait celle du papa et de la maman qui tiennent dans leurs bras, avec amour, leur enfant. L’amour entre le Père et le Fils est si fort qu’il s’exprime en une personne, le Saint Esprit. Et nous exprimons ce mystère en disant que la Trinité c’est un seul Dieu en trois personnes.

C’est au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit que nous sommes devenus chrétiens le jour de notre Baptême ; c’est par leur invocation que nous commençons la prière, en nous mettant en leur présence ; c’est encore en leur nom que nous sommes réunis ce matin pour célébrer l’Eucharistie, unis à tous les chrétiens du monde.

Au-delà de la théorie, que pouvons-nous retenir de cette présence de la Trinité dans notre vie de chrétiens ?

++ En premier lieu LA FOI : la grâce de Jésus Christ, l’amour du Père et la communion de l’Esprit marquent nos vies et nous accompagnent tous les jours ; dorénavant nous ne sommes plus seuls au monde, notre vie a un sens ; certains appellent cela ‘la bonne étoile, la bonne fée ou leur muse’. Nous, nous l’Appelons la Trinité qui nous soutient, nous relève, nous inspire une parole de réconciliation d’apaisement et d’amour.

++ En deuxième lieu la Trinité nous apporte l’ESPÉRANCE d’une vie en plénitude, au-delà de notre vie terrestre : la présence du Christ, mort et ‘ressuscité’ annonce notre propre résurrection.
++ Et enfin, animés par la foi et l’espérance, nous sommes capables de vivre l’AMOUR, la charité, de faire le pas vers celui qui n’est pas intéressant, qui nous énerve ou nous inquiète, de tendre la main vers celui qui a besoin de moi, de vivre la non violence, le pardon et la miséricorde en réponse à l’agression, de pratiquer l’accueil et le regard bienveillant que nous adressons à celui qui vient vers nous, quel qu’il soit.

Les trois personnes de la Sainte Trinité sont la manifestation continuelle et visible de l’Amour de Dieu pour tous les hommes. C’est elle qui remplit notre vie et qui nous donne force et courage pour agir concrètement en témoins vivants de la présence de l’amour de Dieu, Père, Fils et Esprit, dans la vie de tout homme de bonne volonté.

Frères et sœurs, que notre vie chrétienne soit, tous les jours, jusque dans les plus petits détails, inspirée et vécue avec la SAINT TRINITÉ.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
AMEN.

Abbé Bernard SCHER



Homélie du dimanche de Pentecôte – 04/06/2017

Aujourd’hui, cinquante jours après Pâques, nous célébrons solennellement la naissance officielle de l’Église, il y a quelques 2000 ans. Et c’est le SAINT-ESPRIT, que Jésus avait promis d’envoyer à ses apôtres, qui est l’acteur principal de cet événement. Il faut bien reconnaître que cette troisième personne de la Sainte Trinité, n’a pas une grande place dans la piété de beaucoup de chrétiens.

Nous qui sommes là ce matin, est-ce que nous le prions de temps en temps ? Ce n’est pas sûr ! Quelle place tient-il dans nos prières, dans notre vie quotidienne, dans notre foi de chrétien ? Chaque fois que nous faisons le signe de la croix nous citons le SAINT ESPRIT, mais que représente-t-il pour nous ?

Revenons à cet événement exceptionnel qu’ont vécu les apôtres. Que s’est-il donc passé ce jour-là ? Depuis le départ de Jésus ils se réunissaient, sans doute chaque jour, pour s’encourager mutuellement et pour voir quelle suite ils devaient donner à cette mission que Jésus leur a confiée. Ce jour-là « ils entendirent un bruit comme un violent coup de vent….et ils virent des langues qu’on aurait dites de feu se poser sur chacun d’entre eux… » Et, à partir de ce moment-là ils furent complètement transformés par l’Esprit-Saint que Jésus avait promis de leur envoyer.

Eux, qui s’étaient enfermés à double tour par peur d’être arrêtés comme le fut Jésus, ouvrirent tout grand les portes et sortirent sans crainte à la rencontre de la grande foule rassemblée à Jérusalem venue célébrer la commémoration de l’Alliance de Dieu avec Moïse au Sinaï, en ce jour de PENTECÔTE ; ces gens venaient de partout et tous les comprenaient dans leur propre dialecte.

C’est ce même Esprit que Jésus avait soufflé sur eux le soir de sa résurrection, en leur disant : «La paix soit avec vous ; recevez l’Esprit-Saint ». Il leur a donné force et courage pour « annoncer sa Bonne Nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. »

Aujourd’hui nous sommes confrontés à une société très diversifiée des races, de cultures et de croyances. Nous sommes inquiets et nous nous méfions de ceux qui sont différents de nous. Comme chrétiens nous ne sommes pas toujours des exemples de paix, d’accueil, de compréhension et nous voudrions simplement rejeter les étrangers (les résultats des élections le montrent).

Et pourtant l’Esprit de Dieu souffle encore continuellement sur nous. Comme le vent nous ne pouvons pas nous le représenter, mais nous constatons son action. Et, comme nous disons : « l’Esprit souffle où il veut ». Il agit parfois là où nous ne l’attendons pas du tout. Il est cette force que Jésus nous a promise, à nous les croyants. C’est lui qui illumine de son feu d’amour et qui réchauffe notre vie et qui nous met à l’action. C’est l’Esprit qui nous pousse à faire le bien, nous, mais aussi tous les hommes de bonne volonté.

Il est important pour nous de découvrir et de révéler l’action de l’Esprit-Saint dans le quotidien de nos vies toutes simples. Depuis plus de 2000 ans l’Eglise a connu des difficultés de toutes sortes, venant d’elle-même, de ses abus de pouvoir, de ses infidélités, de ses guerres. Elle a tété attaquée sans cesse, mais avec l’aide de l’Esprit elle sortira victorieuse de toutes tentations externes et internes.

Par notre foi, notre amour et notre espérance, soyons les témoins actifs de la présence de l’ESPRIT dans le monde

au nom du Père, du Fils et du SAINT-ESPRIT.
AMEN.

Abbé Bernard SCHER



Homélie du 7e dimanche de Pâques – 28.05.2017

Dans l’Évangile de ce 7ème dimanche de Pâques nous venons d’entendre cette grande prière que Jésus adresse à son père pour ses apôtres, avant sa passion et sa mort.

Le jour de l’Ascension il les quitte pour retourner auprès de son Père. Et maintenant il s’agit pour eux, non pas de rester là à regarder les nuages, mais de retourner à Jérusalem et de se mettre à l’action. Avant de partir, Jésus confie ses amis à son Père, et, avec eux il pense aussi à tous ceux et celles qui seront ses apôtres, dans le monde entier, à travers les siècles, à tous ceux et celles qui, par amour pour lui, annonceront la Bonne Nouvelle. Il sait qu’ils rencontreront des difficultés et il prie son Père pour eux.

« La vie éternelle c’est de te connaitre toi, le seul vrai Dieu et de connaitre celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » Il adresse cette prière à son Père au moment décisif de sa vie où il va quitter ses amis ; il les lui confie pour les aider à prendre sa relève. Ils devront connaitre le Père comme ils le connaissent lui, avec qui ils ont cheminé pendant trois ans. Il prie le Père pour ses disciples qu’il laisse dans le monde, chargés de poursuivre sa mission auprès des hommes.

Cette même prière, Il l’adresse à Dieu pour nous les croyants ; nous ne connaissons vraiment Jésus que si « nous lui emboitons le pas ». Nous ne pouvons vraiment connaitre Dieu que si nous nous laissons aimer par lui et si nous l’aimons. Et ce ne sont pas des grandes connaissances intellectuelles qui nous le feront connaitre vraiment : c’est la foi et l’amour que

Nous lui portons. Pour parler au Père prenons exemple sur la prière de Jésus :
+ Elle est d’abord communion : Jésus est totalement uni à son Père. Il le dit : « Le Père est en moi et moi je suis dans le Père. » Chaque fois qu’il devait prendre une décision importante, il se retirait dans le silence pour en parler à son Père.
Souvent notre prière consiste à réciter des formules pour avoir bonne conscience et nous ne communions pas vraiment avec le Seigneur. La vraie prière doit être union à Dieu et, en même temps, rejoindre ceux et celles  pour lesquels nous prions.

+ La prière de Jésus est aussi action de grâce : « Je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais confiée ». La gloire, ici, n’a rien à voir avec les fastes et les honneurs humains ; cette gloire c’est Dieu rendu présent par Jésus au cœur de tous les hommes de bonne volonté.
Souvent notre prière n’est faite que de demandes et de revendications ; est-elle aussi action de grâce et remerciement ? Jésus nous dit qu’il faut demander, mais trop souvent nous oublions de remercier. Faisons-le dans cette EUCHARISTIE, l’action de grâce par excellence, où nous reconnaissons humblement que tout nous vient de Dieu.

+ En ce moment ultime de sa vie sur terre, Jésus se tourne en toute confiance vers son Père, pour lui confier ses amis.

Que notre prière soit, avant tout, un « cœur à cœur amoureux » avec le Seigneur, une démarche de confiance et d’amour filial. Et alors, nous rejoindrons petit à petit, le Christ, qui nous apprendra à prier le Père et qui transformera notre cœur par son ESPRIT que nous allons fêter le JOUR DE LA PENTECÔTE.

AMEN.

Abbé Bernard SCHER